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un portrait d'elle à ses débuts

Time:2019-09-25 21:43Shoes websites Click:

Interview Decoration mode cinema Portrait

Jupe courte et bottines noires, cheveux blonds bouclés, rouge aux lèvres, démarche sautillante : Agnès b. n’a pas changé depuis l’année 1975, où elle a ouvert sa première boutique rue du Jour, à Paris, dans une boucherie où des colombes volaient en liberté, où les vêtements qu’elle teignait dans sa baignoire étaient exposés au mur comme des œuvres d’art, où la comptable et amie était la femme du philosophe Gilles Deleuze.

Voici quarante ans que cette Versaillaise née en 1941 louvoie dans le monde de la mode sans perdre un iota de son pouvoir prescripteur. Agnès b., de son vrai nom Agnès Troublé, fut la première à fabriquer du luxe abordable, à exporter le prêt-à-porter dans le monde entier. Elle a construit un empire comme par mégarde. Ne lui dites pas que c’est une businesswoman. Elle se fâche, explique que son entreprise « c’est comme une famille », qu’elle engage ses associés parce qu’elle a envie de déjeuner avec eux et qu’une vraie business-woman ne se transforme pas, comme elle, en femme orchestre faisant des vêtements, des expositions de peinture et de photo, de l’humanitaire et aujourd’hui du cinéma. Elle a bouclé son premier film, Je m'appelle Hmmm..., grave, poignant et dérangeant. « Je l’ai fait pour moi. Je l’avais en moi depuis longtemps et je devais m’en débarrasser. Il parle de l’inceste mais aussi de la fugue, du voyage, puisque l’adolescente, pour échapper à son père prédateur, entreprend une sorte de virée initiatique dans les Landes avec un camionneur écossais qui lui rend un peu de son enfance dérobée. »

En images

Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo

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Agnès b. et l'une de ses filles, dans le magazine Elle, en avril 1976.

Photo Fouli Elia / Agnès b.

Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo

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En 1979, Agnès b. lance son fameux petit cardigan à pressions nacrées. Un best-seller.

Photo Agnès b.

Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo

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Le succès de la créatrice Agnès b. a été immédiat. Ici, un portrait d'elle à ses débuts, dans les années 70.

Photo Philippe Michel / Agnès b.

Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo

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Aujourd'hui encore, le cardigan est de toutes les collections et reste en permanence au catalogue de la créatrice. Il est même décliné en sweater à capuche.

Photo Agnès b. Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo Agnès b. passe derrière la caméra - Diaporama photo

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“On m’a volé mon enfance”

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Agnès b. enfant, déguisée en fée.

Photo Agnès b.

Tout l’univers d’Agnès b. se retrouve dans ce film : les lunes et les étoiles de ses imprimés, la fantaisie d’une paire de lunettes que l’enfant trouve sur la plage, les pastels de la mer, la poésie d’une couronne de fleurs tressée par l’adolescente. Une troublante accumulation d’éléments autobiographiques. « Mais ce n’est pas mon histoire, martèle Agnès b., c’est une fiction. » Silence pudique. Agnès b. se lève, musarde dans l’atelier, feuillette des livres sur Michel-Ange, les dessins sur lesquels elle va travailler pour sa prochaine collection. Elle hésite et reprend : « Mon père était un homme adorable qui est mort quand j’avais 34 ans. Nous avions la même gourmandise, le même goût pour les livres, la musique, la Provence, le même optimisme. Ce film n’est pas mon histoire. Mais je sais de quoi je parle. »

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